03/2010 -
Invitation à voyager dans le passé de Venise - Par Rémi Rizzo
Goldini, le célèbre dramaturge vénitien du XVIIIe siècle déclara « Toutes les villes au monde se ressemblent plus ou moins ; mais celle-ci ne ressemble à aucune autre ». En effet le sérénissime, perle de l’Adriatique, intrigue et fascine à la fois. Byron, Madame de Staël, Musset, Proust, Wagner, Cocteau ont tous été captivés par les charmes infinis de cette cité incomparable.
Nul ne peut ignorer le grand canal que les Vénitiens appellent « Canalazzo ».
Il traverse Venise en suivant le lit d’une ancienne rivière et fait 4 km de long. L’ambassadeur de Charles VIII déclarait à son sujet « la plus belle vue qu’il soit au monde ». Des palais majestueux bordent le grand canal, retenons le Palazzo Labia où Tiepolo, le dernier grand peintre Vénitien peignit l’histoire de Cléopâtre, admirons aussi le Palazzo Vendramin où Wagner décéda en 1883. Mais le lieu le plus emblématique de Venise est sans nul doute la place Saint Marc, Napoléon disait à son sujet « qu’elle était le plus élégant salon d’Europe ».
On admire le Campanile dont le sommet culmine à 98,5 m. Le célèbre scientifique toscan Galilée expérimenta en 1609 son télescope devant le Doge Léonardo Donà en haut de ce lieu impressionnant. À ce propos la vue sur la cité des Doges est un véritable enchantement pour l’œil.
L’autre monument insigne est sans conteste la basilique Saint Marc. Les mosaïques de la façade représentent l’enlèvement du corps de Saint Marc. Par ailleurs le mélange d’influences orientales et occidentales nous laisse pantois tout comme le trésor de la basilique La Pala D’Oro qui est constituée de 250 panneaux d’or, ornés d’émaux et de pierres précieuses.
Non loin de la basilique se dresse le palais Ducal qui date du XIV et XVe siècle, en fait, on ne parvient pas à comprendre l’histoire de Venise si on ne visite pas ce lieu d’exception.
On admire en premier lieu l’escalier des Géants, véritable escalier d’apparat, les nouveaux doges étaient d’ailleurs intronisés sur le palier supérieur. On est ensuite subjugué par l’escalier d’or conçu par Alexandre Vittoria, l’idée de faste est manifeste.
À l’intérieur deux salles attirent notre regard, la salle du collège où se réunissait le doge et ses conseillers puis la salle du Sénat attenante où le doge réunissait deux cent sénateurs. Ces derniers s’occupaient surtout de la politique étrangère. Cependant la salle la plus fascinante demeure celle du Grand Conseil. Les proportions sont monumentales car le grand conseil était constitué de 2 000 vénitiens de haut rang, âgés de plus de 25 ans.
Une œuvre éblouissante de virtuosité s’impose inéluctablement. Il s’agit de Paradis de Tintoret, cette toile immense de 7,45m de haut sur 24,65 m de long nous révèle toutes les qualités de ce peintre qui décora tant d’églises à Venise.
On quitte ce lieu magique pour arriver jusqu’aux prisons, endroit extrêmement sinistre d’où s’échappa l’une des figures légendaires de la ville, Casanova, parangon du libertinage vénitien. En sortant du Palais, on observe le pont des Soupirs, endroit exécré par les condamnés car après ce pont, ils connaissaient l’horreur des cachots.
En retournant sur la place St Marc, on admire le célèbre café Florian créé en 1720. Il fut le théâtre de tant d’évènements significatifs pour Venise et pour toute l’Italie.
Derrière la place se trouve le Musée Correr qui abrite de magnifiques sculptures de Canova, prestigieux sculpteur néo-classique, sans oublier les nombreux documents évoquant l’histoire de la cité des doges, quant aux tableaux, deux œuvres de Carpaccio se dégagent : « l’homme au chapeau rouge » et les « courtisanes ».
En ce qui concerne les églises, une d’entres elles retient notre attention : Santa Maria Della Salute.
Elle se trouve à l’embouchure du grand canal et constitue l’un des monuments phares de Venise. Elle fut édifiée par Longhena qui commença à travailler à l’âge de 32 ans en 1630, il consacra le reste de sa vie à ce chantier car cet édifice fut achevé en 1687.
Cette église fut construite pour remercier la vierge d’avoir fait cesser une peste terrible qui décima la population en 1630. À l’intérieur il faut signaler l’une des œuvres maîtresses de Tintoret « Les noces de Cana ».
Le faste vénitien laisse parfois la place à des endroits plus calmes comme les îles de la lagune.
Murano est une étape incontournable, ce fut le centre de la Verrerie depuis 1291 et à la fin du XIIIème siècle plus de 3 000 personnes y vivaient. Murano possédait d’ailleurs son propre gouvernement et sa monnaie. Même si le verre de Murano conserve tant son prestige, il n’est plus aussi recherché qu’au XV et XVIe siècle.
Burano, en revanche s’impose par sa dentelle, au XVIe siècle c’était la plus prisée d’Europe, on l’appelait d’ailleurs Punto In Aria, « point en l’air ».
Le déclin de la dentelle débute au XVIIIe siècle mais on assiste à un renouveau en 1872. Il s’agit sans nul doute de la plus colorée de toutes les îles, les maisons aux couleurs chatoyantes offrent un spectacle pittoresque.
La couleur est ainsi omniprésente à Venise, les Vénitiens à partir de Paolo Veneziano ont tous accordé une primauté indéniable à la couleur, chez Titien la couleur se marie avec l’éclat des chairs, chez Véronèse la puissance des compositions, les scènes fastueuses de scénographie sont en parfaite harmonie avec des couleurs claires comme le bleu. Quant au Tintoret, le clair-obscur et la lumière sont au service de la dramatisation de la scène.
En conclusion la musique de Vivaldi, les airs d’opéra de Monteverdi, les masques sublimes et grotesques qu’on contemple avec jubilation lors du carnaval, les églises innombrables, tout laisse supposer que « Venise est une fête » et comme le stipule l’adage anglais « chaque jour à Venise est comme un siècle de félicité ».
Le mois du carnaval est un moment où la magie et le côté ludique nous transportent au cœur du XVIIIe siècle.
Retour sur le voyage d’étude 2009 en Espagne : Madrid et Tolède
Le mot Madrid vient du mot arabe Majerit qui signifie forteresse. La capitale d’Espagne prend tout son essor sous Philippe II, elle atteint son apogée sous Philippe IV, le protecteur de Vélasquez. Ce Roi mécène protège les peintres d’une grande qualité comme le Sévillan Murillo, il soutient surtout des hommes de lettres comme Lope de Vega, Calderón et Tirso de Molina dont les noms sont intimement liés à la grandeur de Madrid. La belle cité castillane offre des musées uniques à l’instar du Prado, temple de la peinture espagnole où Vélasquez côtoie El Greco et Goya. Ces peintres uniques subjuguent les touristes du monde entier. L’art moderne est aussi mis en exergue, le musée Reina Sofia abrite l’un des chefs d’œuvre de l’art du XXe siècle, Guernica, l’une des œuvres phares de Picasso, sans oublier les peintures du surréaliste Dali.
Madrid, cité chargée d’histoire, nous plonge dans le passé glorieux de l’Espagne avec le Palais Royal, la Plaza Mayor, le théâtre Royal, elle nous invite aussi à profiter d’endroits exquis comme le jardin Botanique, la Gran via. Les larges avenues et les multiples places comme celle de Cybèle confèrent à Madrid un côté très moderne. En somme modernisme et passé grandiose font de la capitale d’Espagne un lieu enchanteur pour les amoureux de l’art et de la dolce vita…
Tolède, en revanche est une ville profondément enracinée dans son passé, ses remparts, ses ruelles pittoresques, la présence constante du maître crétois El Greco avec son chef d’œuvre « L’enterrement du comte d’Orgaz », ses synagogues séculaires, ses monastères aux cloîtres flamboyants, tout nous invite à la contemplation et au mysticisme. L’écrivain Français Barrès voua d’ailleurs un culte profond à l’ancienne capitale d’Espagne qui incarne superbement la tolérance religieuse car au Moyen-Age, juifs, chrétiens et musulmans vivaient en parfaite harmonie : en somme pour connaître l’Espagne authentique, il faut découvrir les charmes uniques de la Castille comme le soulignait si bien l’essayiste Basque espagnol Unamuno.
Voyage d'étude 2008 en Toscane (Italie)
La Toscane est une des régions d’Italie située au centre – ouest du pays. Le mot de Toscane est apparu au Xe siècle dérivé de l’antique "Tuscia" qui désignait l’Etrurie, territoire des Etrusques. Nous vous invitons à suivre le parcours qui nous a permis de nous immerger dans cette magnifique région.
Florence
Véritable symbole de la Renaissance Italienne et patrie des Médicis, Florence est la capitale de la région de Toscane. Elle est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco et présente une grande richesse artistique au travers de remarquables édifices :
• La cathédrale gothique Santa–Maria del Fiore édifiée par Arnolfo di Cambio est la 4e plus grande église d’Europe. Elle s’illustre par la coupole de Brunelleschi, plus grande coupole en appareil jamais construite, et par le sublime Campanile de Giotto.
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A proximité, le Baptistère Saint-Jean, bâtiment le plus ancien de la ville, retient l’attention par la porte du paradis de Ghiberti, porte de bronze doré ornée de bas-relief.
• L’Eglise Sainte Croix est une sorte de Panthéon italien ; Michel Ange, Galilée, Machiavel, Rossini reposeront dans ce lieu auguste qui abrite des chapelles décorées par Giotto, sans oublier le cloître d’une rare pureté.
Nos pas nous ont mené également à la découverte des nombreuses places, et loggias (bâtiment ouvert qui accueille marchés, expositions) qui jalonnent la ville : La place de la Seigneurie constitue le centre politique de la cité avec le Palazzo Vecchio qui est aujourd’hui l’hôtel de Ville de Florence. On y trouve un véritable musée de la sculpture en plein air avec notamment la Fontaine de Neptune de Ammannati et Le Persée de Cellini.
Enfin, la Galerie des offices, l’un des musées les plus riches au monde offre au visiteur des toiles des grands maîtres italiens telles que le Venus d’Urbin de Titien ou les deux chefs d’œuvre de Botticelli, La Naissance de Vénus et Le Printemps.
Sienne et San Gimignano
• Sienne
Patrie de Sainte Catherine et des primitifs italiens comme Simone Martini, la cité est dominée par la Piazza del Campo, place centrale de la ville en forme de coquillage.
La Torre Del Mangia haute de 102 mètres se dresse également sur ce lieu où se déroule le Palio, spectaculaire course de chevaux qui voit s’affronter les quartiers de la ville 2 fois par an.
Le Palazzo Pubblico rappelle que le siège de la municipalité se trouvait ici au Moyen Age et le Duomo di Sienna (cathédrale gothique de Sienne) s’impose par les sculptures de Pisano et par sa couleur noire et blanche.
• San Gimignano
Nous avons parcouru ce village médiéval, surnommé «la cité des Belles Tours», qui conserve son caractère moyenâgeux.Le centre historique s’organise autour de la Piazza Della Cisterna, place triangulaire où l’on trouve le puit du XIIIe siècle qui lui donne son nom ainsi que des palais du XIIIe et XIVe siècle.
Quant au Palazzo Vecchio, il conserve une tour de 51 m, l’une des plus anciennes de cette ville qui incarne parfaitement le Moyen-Age Toscan.
Cette journée s’est achevée par la visite de l’église Sant’ Agostino au style romano-gothique.
Pise et Lucques
• Pise
La grande rivale de Florence est surtout célèbre pour sa tour penchée , campanile de style roman destiné à recevoir les cloches de la cathédrale. C’est au sommet de cette tour que Galilée aurait testé sa loi sur la chute des corps.
Mais, la sublime place des Miracles abrite aussi la Cathédrale, le Campanile et le Baptistère sans oublier le Campo Santo : cet ensemble unique et majestueux nous a subjugué.
• Lucques
La ville du maître de l’opéra, Puccini ,séduit d’emblée par ses 4 kms de remparts parfaitement préservés. Cette cité tout à fait charmante a réussi à conserver une unité architecturale saisissante.
La Torre Guinigi, tour médiévale fascinante de la puissante famille des Guinigi offre, depuis son sommet, un panorama magnifique sur Lucques.
On admire aussi la forme particulière de la Piazza del Mercato qui se trouve sur l’emplacement de l’amphithéâtre romain datant du 2e siècle.
Enfin, l’église San Michele in Foro et le Dôme san Martino de style lucco pisan sont apparus éblouissants.
Vinci
Notre périple à travers la Toscane s’est achevé à Vinci, petite ville où naquit le génie universel Léonard. Sa maison natale, d’une grande sobriété, vaut surtout par sa position sur les hauteurs où on jouit d’un spectacle enchanteur. Dans la ville, le musée idéal rappelle que Léonard de Vinci fut un esprit profondément éclectique, les dessins, les peintures et les traités scientifiques nous laissent béats d’admiration.
Voyage d’Étude en Campanie (italie, 2007)
Située sur le Golfe de Naples, la Région de Campanie (en italien : Regione Campani) est une région d'Italie méridionale. Le mot "Campanie" est formé de la contraction de deux termes latins : le mot "campus"(la campagne) et le nom de la ville de Capoue ("Capua") qui était alors la ville principale de cette région méridionale de la péninsule italienne.
Une histoire foudroyée en 79 après JC
Le Vésuve
Dans l'antiquité le Vésuve, tapissé de végétations et de vignes, était simplement appelé « la montagne ». Le premier à comprendre sa nature volcanique fut le géographe grec Strabon en 19 apr. JC. En 79 apr. JC, une violente éruption enfouit les villes installées au pied du volcan, et modifia totalement les paysages environnants. Pompéi fut ensevelie sous la cendre et les débris, tandis qu'Herculanum disparaissait sous une coulée de lave et de boue. Pline L'Ancien, qui voulut admirer ce nuage, mourut asphyxié par le gaz toxique de l'explosion. Le volcan toujours en activité est une menace permanente, sa dernière éruption date de 1944.
Pompéi
Fondée au 6e siècle avant JC, la ville de Pompéi peuplée de marchands et d’artisans est très florissante.
La journée tragique de 79 apr. JC de l'éruption du Vésuve, enfouit la ville et ses 2000 habitants sous un déluge de pierres et de cendres. Lorsque les vestiges de Pompéi furent dégagés en 1750, on découvrit une ville où le temps semblait s'être arrêté comme par enchantement. Des corps furent découverts, ainsi que des maisons, des temples et un grand nombre d’ oeuvres d'art. Elle représente aujourd’hui un fleuron de l’archéologie ainsi qu’un témoignage fascinant de l’empire Romain.
Herculanum
Cette riche cité située à 12 Kms de Naples, se figea brutalement en 79 apr. JC lors de l'éruption du Vésuve. Elle comptait alors 4500 habitants. Les fouilles entamées au XVIII° siècle on contribuées à mettre au jour un quart de la ville cependant, le reste de la ville antique reste aujourd’hui enfouie sous la nouvelle ville qui s’est développée.
Des paysages d’une beauté envoûtante
La côte Amalfitaine
Suspendue entre le ciel, la mer et la terre, la route nationale 163 qui chemine le long de la côte, offre des vues époustouflantes et en fait l’un des plus beaux sites d’Europe. Jusqu'au XIX° siècle, cette partie de la côte, totalement isolée, n'était accessible qu'à dos de mulet, par des sentiers de montagne.
Amalfi
Blottie entre les montagnes et la mer, cette ville est appréciée pour la beauté de son site et l'originalité de son architecture. Elle est d’ailleurs classée au patrimoine de l’Unesco depuis 1977. La magnifique cathédrale, le Duomo di san'Andrea, fut fondée au IX° siècle et reconstruite en style arabo - normand au XI° siècle. Elle se distingue par son imposante façade, ses portails en bronze, par son cloître et son célèbre perron. Depuis, elle fut remaniée à plusieurs reprises.
Un patrimoine historique et culturel remarquable
Paestum
Fondée vers 600 av. JC, par des colons Grecs, la Posidonie Antique devint en 273 av. JC la colonie romaine de Paestum. Sur ce site archéologique datant du 7ème siècle avant JC, on peut découvrir trois temples doriques : Le temple de Neptune construit en 450 av. JC, la Basilique d'Héra, le plus vieux des temples qui fut construit vers 530 av. JC, et enfin, le temple de Cérès dédié à Athéna construit vers 500 av. JC.
Le Musée Archéologique National de Naples
Ce bâtiment, qui abrite l'un des plus beaux musées archéologiques au monde, vit le jour à la fin du XVI° siècle. On peut y trouver quelques œuvres notables telles que le cabinet secret, des sculptures représentant les empereurs romains ou encore Hercule Farnèse ainsi que le Taureau Farnèse.