11/2011 - Retour sur le workshop Manaa
Du 14 au 16 novembre, le premier Workshop de l'année a réuni les trois classes de Manaa, autour d'un sujet très large : le pli…
Les étudiants ont pu expérimenter leur choix d'orientation vers une discipline d'Arts appliqués, avec les conseils et les encouragements de leurs enseignants, que nous avons choisi d'interviewer en guise de reportage.
• Guillaume Revault d’Allonnes : Comment se passe cette période de travail à l'école… mais sans cours ?
Laurent BESSON : C'est toujours un moment fort, et qui fonctionne très bien, une sorte d'excitation créative…
Catherine AZNAR : C'est nouveau pour tous ces jeunes gens, ils y apprennent beaucoup, même s'ils y expriment aussi beaucoup de doutes sur eux-mêmes.
Benoît PREDSEIL : Un très, très bon moment : pour la première fois, ils s'attachent à un projet personnel, c'est l'essence de leur future activité, et cela motive pour le reste du parcours.
Rémi PIERLOT : Oui, il est très positif que ce premier Workshop engage si vite dans les quatre disciplines d'Arts Appliqués. Ce « hors cadre » casse le côté scolaire et favorise le contact humain, il permet d'aller plus loin… la création est une réflexion permanente.
• Guillaume Revault d’Allonnes : Comment estimez-vous la qualité de création de cette nouvelle édition ?
Laurent BESSON : Je vois des propositions assez riches, une bonne masse de «matière première», mais ce qui manque souvent, ce sont les mots pour le dire…
Catherine AZNAR : Oui, il y a beaucoup de bonnes intuitions d'objets, d'espaces, de mode, qui ouvrent de beaux univers de création, à confirmer dans l'orientation à la troisième période de l'année…
Laurent BESSON : On voit pour le moment une tendance à essayer une chose, puis une autre, sans nécessairement développer ces idées sur différents axes de recherche, et c'est dommage.
Catherine AZNAR : C'est que beaucoup émettent - très tôt - un jugement dévalorisant sur leur travail, au détriment d'une démarche critique créative … pour l'instant !
Benoît PREDSEIL : Une qualité générale intéressante, très peu sont « à côté de la plaque »...
Rémi PIERLOT : Même si les projets sont encore très picturaux, et présentent peu de réflexion quant à la fonctionnalité !
• Guillaume Revault d’Allonnes : Quel est à votre sens le plus grand apport de ce Workshop ?
Laurent BESSON : Un mode d'emploi : comment rechercher, comment réagir, quelles questions se poser...
Catherine AZNAR : Oui, une méthodologie de travail sur des étapes précises, même si les stades d'analyse et de recherche sont encore trop peu exploitées.
Benoît PREDSEIL : Un « arrêt des bombardements », une trêve tous ensemble, c'est décloisonner, utiliser enfin sa sensibilité transversalement aux frontières disciplinaires… la création déborde !
Rémi PIERLOT : Tous les enseignants sont réunis autour des jeunes, et cette multiplicité de visions simultanées forme un vivier de création qui enrichit la réflexion, c'est une énergie que l'on ne retrouve jamais aussi concentrée dans les cours.
• Guillaume Revault d’Allonnes : En conclusion, que souhaitez-vous à nos futurs créateurs ?
Laurent BESSON : Plusieurs Workshops dans l'année, et le plus tôt possible ?
Catherine AZNAR : Des envies et du plaisir ! C'est le moteur pour se forger une culture, en étant curieux, en lisant, en ouvrant les yeux partout… en voyageant aussi, c'est très important.
Benoît PREDSEIL : Continuer à s'investir, dans une autonomie de plus en plus affirmée.
Rémi PIERLOT : Faire la synthèse entre passion et forme … ou encore langage esthétique : prendre conscience que nous sommes à l'origine de la création actuelle, et qu'assumer ce registre personnel, c'est -pour moi- l'essence de la liberté.
Fin 2011 - Le dessin de nu et de portrait en Manaa
Sur les six semaines de la première période de l'année - dite "intensive"- les trois classes de Manaa ont pu, à travers une séquence de six cours, s'initier aux fondamentaux et acquérir de solides bases en dessin de nu et en portrait.
Un cours a été consacré à la découverte des bases techniques : statique, structuration des tracés, avec les divers médias et outils présentés en début d'année.
Trois séances de dessin avec des modèles vivants différents ont permis d'explorer les techniques sèches, humides et quelques techniques mixtes.
Deux sorties - sculpture française du XIXe siècle, au Louvre et au musée Rodin - ont ajouté par la pratique du dessin statuaire une dimension supplémentaire, la réinterprétation d’œuvres d'artistes majeurs ; nous avons en outre travaillé notre toucher en découvrant en aveugles quelques pièces dans la galerie tactile.
Nos photographies présentent ces divers ateliers et certains travaux réalisés, mais la meilleure façon d'évaluer cette séquence forte reste encore de laisser la parole aux étudiants :
- "Je me suis surpris à y parvenir, je m'en croyais incapable .. beaucoup de résultats avec peu de matériaux et de traits ."
- "Le travail sur chevalet donne de l'amplitude et permet un geste moins contraint."
- "Le fusain est plus facile, plus mobile que la graphite, en allant vite, c'est ludique."
- "C'est beau, un corps au naturel."
- "Un moment fort, intense, ça n'est difficile qu'au départ, on a peur, et puis on comprend ce que l'on fait."
- "J'appréhendais l'encre, et finalement je la préfère au fusain."
- "L'encre est difficile, mais elle ouvre les contours, elle offre des possibilités et des valeurs nouvelles, tout un jeu : les masses se posent plus vite, sans retour possible, on s'applique plus et on prend plaisir."
- "Les poses très rapides amènent à l'essentiel, développent la dextérité, la fluidité du geste, elles ajoutent de l'expression à la technique."
- "Rythmes, équilibres des blancs et des noirs : beaucoup de progrès, on développe notre style, notre patte."
05/2011 - La scénographie en Première STI Arts appliqués
Si vous mélangez l’opéra Garnier et une scène de science-fiction vous obtiendrez un subtil alliage imaginé par les premières STI option Arts appliqués. Les élèves ont d’abord esquissé leurs idées puis créé leur maquette.
De février à avril, trois séances de modelage consacrées au modèle vivant ont été organisées : tout d'abord en modelant et dessinant devant le modèle, puis en reprenant les meilleurs dessins pour les transférer en bas-reliefs.
La méthode, de l'épure au modelage via l'ébauche, vise à conserver et à retranscrire les qualités plastiques dans un autre langage, en enrichissant l'expression. Elle oblige à penser la lumière, le volume, le support et le cadre dans une réalité matérielle.
Cette approche pédagogique propose de nouvelles entrées qualitatives ; elle permet aussi à certains étudiants moins à l'aise en tracé de se découvrir de nouveaux champs de valorisation.
12/2010 - Workshop des Mise à niveau en Arts appliqués
Le workshop est un atelier de travail et d’échange sur un sujet déterminé à l’avance. Le premier Workshop des Manaa a eu lieu en décembre. Dans un contexte moins scolaire, les élèves ont expérimenté l’ensemble des techniques étudiées durant le premier trimestre et ont apprécié ce moment de créativité.
Le sujet était Caba-oui/Caba-non c’est-à-dire réaliser un kiosque message où il fallait exprimer des thématiques opposées.
10/2010 - Bilan du séminaire intensif en dessin des Mise à niveau en Arts appliqués
La Manaa s’organise autour de trois étapes : tout d’abord, les cours se concentrent sur le dessin, puis arrivent les cours en recherche appliquée (communication visuelle, design d’espace, design de mode et textile, et design de produits), enfin, l’élève choisit un des domaines en Arts appliqués. La Manaa est aussi rythmée par les matières générales : anglais, mathématiques,
sciences-physiques mais aussi des cours en géométrie perspective, Arts Techniques et Civilisations et initiation à l’informatique.
Revenons à la première étape par thème abordé.
Dessin statuaire : du modelage au modelé (photos 1 à 5)
Souvent mésestimée, la pratique du dessin statuaire est une expérience plus libre que le modèle vivant : chacun choisit la sculpture à réinterpréter, les angles de vue et d'éclairage, et les modes d'expression à mettre en jeu pour restituer sur le papier une oeuvre déjà puissante. Le choix d'Auguste Rodin permet d'appréhender, par le passage de trois à deux dimensions, l’accès crucial du modelage au modelé.
Modèle vivant : des progrès spectaculaires (photos 6 à 12)
La quasi-unanimité des étudiants est totalement novice, et pourtant les deux séances de modèle vivant de l'intensif présentent des progrès spectaculaires : l'accent est mis sur la composition par l'équilibre dynamique des masses, la variété des textures, la force des éclairages. Par la suite, les techniques de l'encre et de l'aquarelle viendront enrichir le vocabulaire plastique.
Perspective ("ma chambre") : un véritable jeu (photos 13 à 17)
Rigoureusement construites grâce à la méthode de perspective rapide par les lignes de mesure, les dessins en vue verticale simulent sur une simple feuille et sans orientation privilégiée, la maquette d'un espace intime, rêvé, ludique.
Cet exercice très libre vise à rendre aisée et agréable une discipline trop souvent perçue comme rébarbative et longue, alors qu'ici sa pratique fondée sur une approche théorique solide devient un véritable jeu.
Portraits : une méthode de construction en volume (photos 18 à 24)
Avec les mêmes approches par masses, le portrait dessiné sur la base d'une méthode de construction en volume offre dès les premières expériences une qualité plastique encourageante. Par la suite, et pour relier cet exercice au dessin du corps et au dessin statuaire, deux séances de modelage d'argile avec modèle vivant proposeront un panorama des trois principales techniques de la sculpture.
Guillaume Revault d’allonnes
03/2010 - Séance de prise de vue pour les mises à niveau en Arts appliqués
Pendant que les uns sont à Venise, les autres sont à Paris pour une séance de prise de vue. Les mises à niveau se sont retrouvés au forum des halles, grand centre commercial parisien, pour flâner, munis d’un appareil photo, dans les galeries. L’objet de cette excursion était de prendre des photos sur le vif, spontanément pour donner la sensation de photos « volées ». Un résultat plein d’étrangeté. Cette séance était organisée dans le cadre du cours de recherche appliquée en communication visuelle sur le sujet « Prise de vue réflexe/instantané ».